Réponse courte
Le Coran loue et réprimande les Enfants d'Israël (les descendants de Jacob, qu'on appelait aussi Israël), comme l'ont fait leurs propres prophètes. Il appelle la Torah « guidance et lumière » (5:44). Il dit que parmi le peuple de Moïse, il y a un groupe « qui guide et fait justice à la lumière de la vérité » (7:159). Il a aussi des versets durs. Il dit que certains ont violé l'alliance et tué des prophètes, et ont été maudits (5:13, 5:78, 3:112). Moïse en a dit autant : « Vous avez été rebelles contre le SEIGNEUR depuis le jour où je vous ai connus » (Deutéronome 9:24). Le Coran juge par la foi et les œuvres, jamais par la naissance. « Ils ne sont pas tous pareils » (3:113), et la porte reste ouverte (5:65). Un musulman peut épouser une femme juive et manger la nourriture des Juifs (5:5). Ci-dessous, chaque verset dur est cité en entier, avec la lecture qu'en ont faite les commentateurs classiques (les premiers savants qui expliquent le Coran).
Explication complète
Jugés par la foi et les œuvres, jamais par la naissance
Le Coran honore les justes d'Israël à toutes les époques. Il dit que les prophètes, « les rabbins et les docteurs de la loi » jugeaient selon la Torah, la Loi donnée par Moïse (5:44). Il dit que Dieu (﷾) a préféré Israël « à tous les autres » (2:47). Il garde la porte ouverte : « Nous aurions certes effacé leurs iniquités » (5:65). C'est le modèle même de la Torah. Elle a des malédictions contre les rebelles, puis l'alliance rappelée quand ils confessent. Ce que le Coran demande à Israël, c'est ce que demande la Torah. Il leur demande de garder l'alliance, et d'écouter le prophète que Dieu (﷾) a promis de susciter (Deutéronome 18:18).
“C'est Nous qui avons révélé la Loi (à Moïse) : il y avait en elle guidance et lumière. Selon elle, les prophètes qui se soumettaient (comme dans l'islam) à la volonté d'Allah jugeaient les Juifs, ainsi que les rabbins et les docteurs de la loi : car on leur avait confié la garde du livre d'Allah, et ils en étaient témoins : ne craignez donc pas les hommes, mais craignez-Moi, et ne vendez pas Mes signes à vil prix. Ceux qui ne jugent pas d'après (la lumière de) ce qu'Allah a révélé, ceux-là ne valent pas mieux que des mécréants.”
“Enfants d'Israël ! rappelez-vous la faveur (particulière) que Je vous ai accordée, et que Je vous ai préférés à tous les autres (pour Mon Message).”
“Si seulement les Gens du Livre avaient cru et avaient été justes, Nous aurions certes effacé leurs iniquités et Nous les aurions admis dans des jardins de félicité.”
“Et ils confesseront leur iniquité, et l'iniquité de leurs pères, dans leur infidélité qu'ils ont commise envers Moi, et aussi qu'ils ont marché contrairement à Moi. Moi aussi, Je marcherai contrairement à eux, et Je les amènerai dans le pays de leurs ennemis ; si alors peut-être leur cœur incirconcis s'humilie, et qu'ils subissent alors la punition de leur iniquité, alors Je Me souviendrai de Mon alliance avec Jacob, et aussi de Mon alliance avec Isaac, et aussi de Mon alliance avec Abraham Je Me souviendrai ; et Je Me souviendrai du pays.”
“Ô Enfants d'Israël ! rappelez-vous la faveur (spéciale) que Je vous ai accordée, et remplissez votre alliance avec Moi comme Je remplis Mon Alliance avec vous, et ne craignez nul autre que Moi.”
“Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète semblable à toi ; et Je mettrai Mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que Je lui commanderai. Et il arrivera que quiconque n'écoutera pas Mes paroles qu'il dira en Mon nom, c'est Moi qui lui en demanderai compte.”
5:82 et 5:51, les versets les plus cités
Les deux versets les plus cités sont 5:82 et 5:51. Le verset 5:82 s'adresse au Prophète (ﷺ) : « tu trouveras ». Il nomme les Juifs et les païens comme les plus forts en inimitié envers les croyants. Il nomme ceux qui disent « Nous sommes chrétiens » comme les plus proches en amour. Al-Tabari (mort en 923) est l'un des premiers commentateurs du Coran. Il lit 5:82 comme Dieu (﷾) disant au Prophète (ﷺ) ce qu'il allait rencontrer. Il rattache son éloge à certains chrétiens du temps du Prophète (ﷺ) qui entendirent le Coran et crurent. Parmi eux se trouvaient les envoyés du Négus, le roi d'Abyssinie (l'Éthiopie). La formulation arabe, la-tajidanna, est un futur appuyé adressé au Prophète (ﷺ) : elle lui dit ce qu'il allait trouver parmi les gens qu'il rencontrait. C'est un constat, non une règle sur les Juifs à une époque ultérieure, et il ne donne aucun ordre aux musulmans. Ce n'est pas non plus un verdict sur chaque Juif : le même Coran dit « Ils ne sont pas tous pareils » (3:113). Le verset 5:51 interdit de prendre les Juifs et les chrétiens pour awliya'. La traduction de Yusuf Ali, utilisée sur ce site, rend ce mot par « amis et protecteurs ». Al-Tabari l'explique comme des soutiens et des alliés contre les croyants. Il tient l'interdiction pour générale, pour tous les croyants. Il est certain qu'elle est descendue au sujet d'un hypocrite, un homme qui se disait musulman sans l'être. Cet homme garda une telle alliance par peur. Le verset suivant montre de tels hommes, craignant « qu'un retour de fortune ne nous apporte le désastre » (5:52). La même sourate permet à un musulman d'épouser une femme juive (5:5).
“Les plus forts parmi les hommes en inimitié envers les croyants, tu trouveras que ce sont les Juifs et les païens ; et les plus proches d'entre eux en amour envers les croyants, tu trouveras que ce sont ceux qui disent : « Nous sommes chrétiens » : parce que parmi eux il y a des hommes voués à l'étude et des hommes qui ont renoncé au monde, et ils ne sont pas arrogants.”
Al-Tabari lit le verset comme Dieu disant au Prophète (ﷺ), que sa glose nomme, ce qu'il trouverait : les Juifs et les idolâtres, les plus forts en inimitié envers ceux qui croyaient en lui. Il rattache l'éloge aux chrétiens qui entendirent le Coran et crurent : le Négus d'Abyssinie et ses envoyés, ou des gens qui suivaient la loi de Jésus et acceptèrent ensuite l'islam. Il explique leur proximité par leur dévotion et leur humilité devant la vérité. Il les oppose aux Juifs dont parle le verset, qui, dit-il, avaient depuis longtemps l'habitude de tuer les prophètes et d'altérer la révélation. C'est l'accusation de 2:61 et 3:112, que fait aussi la propre confession d'Israël en Néhémie 9:26.
“Ils ne sont pas tous pareils : parmi les gens du Livre, il y a une partie qui se tient (pour le droit) : ils récitent les Signes d'Allah toute la nuit, et ils se prosternent en adoration. Ils croient en Allah et au Jour dernier ; ils ordonnent ce qui est juste et interdisent ce qui est mal ; et ils se hâtent (à l'envi) dans (toutes) les bonnes œuvres : ils sont dans les rangs des justes. Du bien qu'ils font, rien ne leur sera refusé ; car Allah connaît bien ceux qui font le bien.”
“Ô vous qui croyez ! ne prenez pas les juifs et les chrétiens pour amis et protecteurs : ils ne sont amis et protecteurs que les uns des autres. Et celui d'entre vous qui se tourne vers eux (pour l'amitié) est des leurs. En vérité, Allah ne guide pas un peuple injuste.”
“Ceux dont le cœur est malade — tu vois avec quel empressement ils courent parmi eux, disant : « Nous craignons qu'un retour de fortune ne nous apporte le désastre. » Ah ! peut-être Allah (te) donnera-t-Il la victoire, ou une décision selon Sa volonté. Alors ils se repentiront des pensées qu'ils nourrissaient en secret dans leur cœur.”
Al-Tabari explique que le verset interdit aux croyants de prendre les Juifs et les chrétiens comme soutiens et alliés (ansar wa-hulafa') contre les gens de foi. Il donne trois occasions possibles, parmi lesquelles Ubada ibn al-Samit renonçant à son alliance avec des alliés juifs, tandis qu'Abd Allah ibn Ubayy garda la sienne. Il dit qu'aucun récit fixant l'occasion n'est assez solide pour qu'on s'y appuie. Il est certain que le verset est descendu au sujet d'un hypocrite qui garda une telle alliance par peur, comme le montre le verset suivant (5:52). Il tient l'interdiction pour générale, pour tous les croyants, quelle qu'en soit l'occasion.
“Aujourd'hui, (toutes) les choses bonnes et pures vous sont rendues licites. La nourriture des gens du Livre vous est licite, et la vôtre leur est licite. (Vous sont licites en mariage) (non seulement) les femmes chastes qui sont croyantes, mais aussi les femmes chastes parmi les gens du Livre, révélé avant votre temps, quand vous leur donnez leurs dots dues, et recherchez la chasteté, non la débauche ni les intrigues secrètes. Si quelqu'un rejette la foi, vaine est son œuvre, et dans l'Au-delà il sera dans les rangs de ceux qui ont (tout) perdu (de bien spirituel).”
Les versets de malédiction : 5:13, 5:64, 5:78 et 9:30
Quatre versets parlent d'une malédiction, et chacun nomme un acte ou une parole. Le verset 5:13 dit que Dieu (﷾) a maudit ceux qui ont violé l'alliance. Pourtant, il excepte « quelques-uns » de son accusation de tromperie, et se termine par : « pardonne-leur et passe sur (leurs méfaits) ». Le verset 5:64 condamne la parole « La main d'Allah est liée » par « qu'ils soient maudits ». Ibn Abbas était le cousin du Prophète (ﷺ) et une des premières autorités sur le Coran. Il dit que cette parole voulait dire que Dieu (﷾) est avare, non que Sa main est attachée. Ikrima, un élève d'Ibn Abbas, dit que le verset est descendu au sujet d'un seul homme, Finhas le Juif. Le verset ajoute : « Nous avons jeté entre eux l'inimitié et la haine jusqu'au Jour du Jugement ». Al-Tabari lit cela comme entre les Juifs et les chrétiens. Le verset 5:78 fait tomber la malédiction sur « ceux des Enfants d'Israël qui rejetèrent la Foi », par la bouche de David et de Jésus. Tous deux étaient des fils d'Israël réprimandant leur propre peuple. Ibn Abbas dit que cette malédiction se trouve dans chaque Écriture, de la Torah au Coran. La cause en est donnée en 5:79 : ils ne s'interdisaient pas les uns aux autres le mal qu'ils commettaient. Le verset 9:30 condamne la parole selon laquelle Esdras ('Uzair) est un fils de Dieu. Il se termine par : « Que la malédiction d'Allah soit sur eux ». Al-Tabari rapporte deux récits sur qui l'a dit : un seul homme, ou un groupe de Juifs venus trouver le Prophète (ﷺ) à Médine.
“Mais à cause de leur violation de l'alliance, Nous les avons maudits et avons endurci leurs cœurs ; ils déplacent les mots de leurs (justes) places et oublient une bonne partie du message qui leur a été envoyé ; et tu ne cesseras de les trouver, à l'exception de quelques-uns, toujours enclins à de (nouvelles) tromperies : mais pardonne-leur et passe sur (leurs méfaits) : car Allah aime ceux qui sont bienfaisants.”
“Les Juifs disent : « La main d'Allah est liée. » Que leurs mains soient liées, et qu'ils soient maudits pour le (blasphème) qu'ils profèrent. Non, Ses deux mains sont largement ouvertes : Il donne et dispense (de Ses bienfaits) comme Il veut. Mais la révélation qui te vient d'Allah accroît chez la plupart d'entre eux leur rébellion obstinée et leur blasphème. Nous avons jeté entre eux l'inimitié et la haine jusqu'au Jour du Jugement. Chaque fois qu'ils allument le feu de la guerre, Allah l'éteint ; mais ils s'efforcent (sans cesse) de semer la corruption sur la terre. Et Allah n'aime pas les corrupteurs.”
Al-Tabari explique que « la main d'Allah est liée » voulait dire que Dieu est avare et retient Sa générosité, puisque les Arabes parlent du don comme de l'œuvre de la main. Il rapporte Ibn Abbas : ils ne voulaient pas dire que la main de Dieu est attachée, mais qu'Il est chiche et retient ce qu'Il possède. Ikrima dit que le verset est descendu au sujet de Finhas le Juif. Al-Tabari lit « Nous avons placé parmi eux l'inimitié et la haine jusqu'au Jour du Jugement » comme entre les Juifs et les chrétiens, comme le fait Mujahid. Il lit « Chaque fois qu'ils allument le feu de la guerre » comme leur rassemblement pour se dresser contre leurs adversaires, que Dieu disperse ; Mujahid dit que c'est la guerre contre Muhammad (ﷺ). Il lit leurs efforts « pour semer le désordre » comme ces Juifs et ces chrétiens désobéissant à Dieu, rejetant Ses signes et reniant Ses messagers.
“Des malédictions furent prononcées contre ceux des Enfants d'Israël qui rejetèrent la Foi, par la langue de David et de Jésus fils de Marie : parce qu'ils désobéirent et persistèrent dans les excès.”
Al-Tabari rapporte d'Ibn Abbas que ceux des Enfants d'Israël qui mécrurent furent maudits dans chaque Écriture : dans la Torah au temps de Moïse, dans les Psaumes au temps de David, dans l'Évangile au temps de Jésus, et dans le Coran au temps de Muhammad (ﷺ). Il en donne la cause d'après le verset suivant (5:79) : ils ne s'interdisaient pas les uns aux autres le mal qu'ils commettaient.
“Les Juifs appellent 'Uzair fils d'Allah, et les chrétiens appellent le Christ fils d'Allah. C'est une parole qui sort de leur bouche ; (en cela) ils ne font qu'imiter ce que disaient les mécréants d'autrefois. Que la malédiction d'Allah soit sur eux : comme ils se laissent détourner de la vérité !”
Al-Tabari rapporte deux avis sur qui a dit « 'Uzayr est le fils d'Allah ». L'un dit que c'était un seul homme, nommé Finhas. L'autre, d'Ibn Abbas, nomme Sallam ibn Mishkam, Nu'man ibn Awfa, Sha's ibn Qays et Malik ibn al-Sayf. Ces hommes demandèrent au Prophète (ﷺ) comment ils pourraient le suivre alors qu'il ne tenait pas Esdras pour le fils de Dieu. Il rapporte aussi d'Ibn Abbas que cette parole est née de ce qu'Esdras rétablit la Torah après qu'elle avait été oubliée.
L'humiliation et l'affliction : 2:61, 3:112 et 7:167
Les versets 2:61 et 3:112 parlent d'humiliation, et tous deux en donnent la raison. Le verset 3:112 parle des Gens du Livre, les Juifs et les chrétiens. Il dit que la honte est dressée au-dessus d'eux « partout où on les trouve ». Il en nomme la cause : « ils rejetèrent les Signes d'Allah, et tuèrent les prophètes ». Le verset 2:61 donne la même cause. Al-Tabari lit 3:112 au sujet des Juifs qui rejetèrent le Prophète (ﷺ), où qu'ils vivent, en terre musulmane ou ailleurs. Le verset excepte ceux qui sont « sous un pacte (de protection) » ; le mot arabe est habl, une corde. Al-Tabari lit la corde comme le pacte qui gardait sauves leurs vies, leurs biens et leurs enfants. Il appelle aussi ce récit un rappel pour qu'ils reviennent, et un avertissement pour les musulmans. Le verset parle du jugement de Dieu (﷾) ; il ne donne à personne un rôle dans son exécution. Le verset qui suit 3:112 commence par « Ils ne sont pas tous pareils » (3:113). Le verset 7:167 vient après l'histoire de ceux qui violèrent le Sabbat, et al-Tabari le lit au sujet des Juifs. Il dit que Dieu (﷾) enverrait contre eux, « jusqu'au Jour du Jugement », ceux qui les affligeraient. Ibn Abbas y lit la jizya, perçue par le Prophète (ﷺ) et sa communauté. La jizya était un impôt payé par les non-musulmans sous un pouvoir musulman. Quoi qu'Ibn Abbas ait voulu dire, le verset ne donne à aucun musulman ni à aucun État la moindre tâche contre les Juifs d'aujourd'hui. Le verset se termine par « Très Pardonneur, Très Miséricordieux ». Le verset suivant dit que Dieu (﷾) les a éprouvés « afin qu'ils reviennent » (7:168). La Torah pose la même malédiction sur une alliance violée : « parmi ces nations tu n'auras point de repos » (Deutéronome 28:65). Pourtant Dieu (﷾) dit : « Je ne les rejetterai pas » (Lévitique 26:44). Aucun de ces versets ne permet à un musulman de faire du tort à qui que ce soit : la justice est commandée envers tous (5:8, 60:8).
“La honte est dressée au-dessus d'eux (comme une tente) partout où on les trouve, sauf lorsqu'ils sont sous un pacte (de protection) d'Allah et des hommes ; ils attirent sur eux la colère d'Allah, et au-dessus d'eux est dressée (la tente de) la misère. Ceci parce qu'ils rejetèrent les Signes d'Allah, et tuèrent les prophètes au mépris du droit ; ceci parce qu'ils se rebellèrent et transgressèrent toutes les limites.”
“Et rappelez-vous, vous avez dit : « Ô Moïse ! nous ne pouvons supporter une seule sorte de nourriture (toujours) ; prie donc ton Seigneur pour nous, qu'Il fasse pousser pour nous de ce que la terre produit — ses herbes potagères, et ses concombres, son ail, ses lentilles et ses oignons. » Il dit : « Voulez-vous échanger le meilleur contre le pire ? Descendez dans n'importe quelle ville, et vous trouverez ce que vous voulez ! » Ils furent couverts d'humiliation et de misère ; ils attirèrent sur eux la colère d'Allah. Ceci parce qu'ils ne cessaient de rejeter les Signes d'Allah et de tuer Ses Messagers sans juste cause. Ceci parce qu'ils se rebellèrent et ne cessèrent de transgresser.”
Al-Tabari lit le verset au sujet des Juifs qui rejetèrent Muhammad (ﷺ) : l'humiliation fut posée sur eux partout où ils étaient, dans les terres des musulmans ou des idolâtres. Il rapporte d'al-Hasan que cette communauté les trouva payant la jizya aux mages, et que Dieu les abaissa et les plaça sous les pieds des musulmans. Il explique la « corde » (habl) comme le pacte et la promesse de sécurité qui gardaient sauves leurs vies, leurs biens et leurs enfants. Il tient que l'exception ne lève pas l'humiliation : elle reste sur eux, avec ce pacte ou sans lui. Il en donne la cause d'après le verset : rejeter les signes de Dieu, tuer les prophètes, désobéir et transgresser. Il dit que Dieu a parlé de la honte et de la colère qui vinrent sur ceux qui enfreignirent Ses limites pour deux raisons. C'était un rappel pour eux, afin qu'ils reviennent. Et c'était un avertissement pour « notre communauté », afin qu'elle ne suive pas leur chemin et ne connaisse pas la même fin.
“Ils ne sont pas tous pareils : parmi les gens du Livre, il y a une partie qui se tient (pour le droit) : ils récitent les Signes d'Allah toute la nuit, et ils se prosternent en adoration. Ils croient en Allah et au Jour dernier ; ils ordonnent ce qui est juste et interdisent ce qui est mal ; et ils se hâtent (à l'envi) dans (toutes) les bonnes œuvres : ils sont dans les rangs des justes. Du bien qu'ils font, rien ne leur sera refusé ; car Allah connaît bien ceux qui font le bien.”
“Voici ! ton Seigneur déclara qu'Il enverrait contre eux, jusqu'au Jour du Jugement, ceux qui les affligeraient d'un châtiment pénible. Ton Seigneur est prompt dans le châtiment, mais Il est aussi Très Pardonneur, Très Miséricordieux.”
“Nous les avons divisés en groupes sur cette terre. Il y a parmi eux certains qui sont justes, et certains qui sont le contraire. Nous les avons éprouvés à la fois par la prospérité et par l'adversité : afin qu'ils reviennent (à Nous).”
Al-Tabari lit 7:167 comme Dieu déclarant qu'Il enverrait contre les Juifs, jusqu'au Jour du Jugement, ceux qui les feraient souffrir. Il rapporte qu'on a dit que c'étaient les Arabes. Ceux-ci combattirent ceux qui n'acceptaient ni l'islam ni de payer la jizya, et pour ceux qui la payaient, c'était une marque d'abaissement. Il rapporte Ibn Abbas : c'est la jizya, et ceux qui l'imposent sont Muhammad (ﷺ) et sa communauté, jusqu'au Jour du Jugement. Sur la fin du verset, il dit que Dieu est prompt à punir ceux qui le méritent par la mécréance et la désobéissance. Il pardonne à quiconque se repent et revient à Lui obéir. Sur 7:168, il lit « les justes » comme ceux qui croient en Dieu et en Ses messagers. Il dit que Dieu les a décrits ainsi avant qu'ils ne se détournent de leur religion et avant que Jésus ne leur soit envoyé. Il lit « afin qu'ils reviennent » comme un appel à revenir à l'obéissance à Dieu et à se repentir.
“Et parmi ces nations tu n'auras point de repos, et il n'y aura point de repos pour la plante de ton pied ; mais le SEIGNEUR te donnera là un cœur tremblant, des yeux languissants et une âme défaillante.”
“Et pourtant, malgré tout cela, quand ils seront dans le pays de leurs ennemis, Je ne les rejetterai pas, et Je ne les aurai pas en horreur, jusqu'à les détruire entièrement et à rompre Mon alliance avec eux ; car Je suis le SEIGNEUR leur Dieu.”
“Ô vous qui croyez ! Tenez-vous fermement pour Allah, en témoins de l'équité, et que la haine d'autrui envers vous ne vous pousse pas à mal agir et à vous écarter de la justice. Soyez justes : c'est plus proche de la piété : et craignez Allah. Car Allah est bien informé de tout ce que vous faites.”
“Allah ne vous défend pas, envers ceux qui ne vous combattent pas pour (votre) foi et ne vous chassent pas de vos demeures, d'agir envers eux avec bonté et justice : car Allah aime ceux qui sont justes.”
Les versets des « singes » : 2:65, 7:166 et 5:60
Trois versets parlent de gens transformés en singes. Les versets 2:65 et 7:166 parlent de ceux qui violèrent le Sabbat dans une ville au bord de la mer (7:163). Dieu (﷾) leur dit : « Soyez des singes, méprisés et rejetés ». Le verset 5:60, adressé aux « gens du Livre » (5:59), parle de gens du passé « dont Il a transformé certains en singes et en porcs ». Le Prophète (ﷺ) a dit que Dieu (﷾) n'a donné à ceux qu'Il a transformés ni progéniture ni descendance. Il a ajouté que les singes et les porcs existaient avant eux. Les transformés n'ont donc laissé personne en vie aujourd'hui, et se servir de ces versets comme d'une insulte contre les Juifs est un abus.
“Et vous connaissiez bien ceux d'entre vous qui transgressèrent en matière de Sabbat : Nous leur dîmes : « Soyez des singes, méprisés et rejetés. »”
“Interroge-les au sujet de la ville située tout près de la mer. Voici ! ils transgressèrent en matière de Sabbat. Car le jour de leur Sabbat, leurs poissons venaient à eux, levant ouvertement la tête, mais le jour où ils n'avaient pas de Sabbat, ils ne venaient pas : ainsi les avons-Nous mis à l'épreuve, car ils étaient portés à la transgression.”
“Quand, dans leur insolence, ils transgressèrent (toutes) les interdictions, Nous leur dîmes : « Soyez des singes, méprisés et rejetés. »”
“Dis : « Ô gens du Livre ! Nous désapprouvez-vous pour nulle autre raison que le fait que nous croyons en Allah, et en la révélation qui nous est venue et en celle qui est venue avant (nous), et (peut-être) que la plupart d'entre vous sont rebelles et désobéissants ? »”
“Dis : « Vous indiquerai-je une chose bien pire que cela, (à en juger) par le traitement qu'elle a reçu d'Allah ? ceux qui ont encouru la malédiction d'Allah et Sa colère, ceux dont Il a transformé certains en singes et en porcs, ceux qui ont adoré le mal ; — ceux-là sont (bien des fois) pires en rang, et bien plus égarés du droit chemin ! »”
Abdullah ibn Mas'ud rapporte que les singes et, pense un transmetteur, les porcs furent mentionnés devant le Prophète (ﷺ) comme des gens transformés. Il dit que Dieu n'a donné à ceux qu'Il a transformés ni progéniture ni descendance, et que les singes et les porcs existaient avant cela.
Trois autres versets durs : 3:110, 62:5 et 2:96
Trois autres versets sont souvent cités. Le verset 3:110 demande d'abord des comptes aux musulmans. Ils ne sont le meilleur des peuples que tant qu'ils ordonnent le bien, interdisent le mal et croient. Des Gens du Livre, il dit que certains ont la foi, « mais la plupart d'entre eux sont des transgresseurs pervertis ». Le verset 62:5 compare ceux qui reçurent la Loi de Moïse et y manquèrent à un âne qui porte des livres. Ibn Abbas fait de l'âne la similitude de quiconque lit le Livre et ne suit pas ce qu'il contient. Le prophète Jérémie a dit la même chose des scribes de son temps : « la plume mensongère des scribes a travaillé en vain ». Le verset 2:96, comme 5:82, s'adresse au Prophète (ﷺ) : « Tu les trouveras certes ». Al-Tabari lit 2:94-96 comme un défi lancé aux Juifs de Médine et à leurs rabbins, au temps du Prophète (ﷺ). Ils prétendaient que l'au-delà, la vie à venir, était à eux seuls (2:94). S'il était à eux, ils ne craindraient pas la mort, et pourtant ils sont « les plus avides de vie ». Jérémie a réprimandé la même fausse confiance dans un appel : « Le temple du SEIGNEUR, le temple du SEIGNEUR ». Le Coran pose la même question aux musulmans : « Préférez-vous la vie de ce monde à l'au-delà ? » (9:38).
“Vous êtes le meilleur des peuples, suscité pour l'humanité, ordonnant ce qui est juste, interdisant ce qui est mal, et croyant en Allah. Si seulement les Gens du Livre avaient la foi, ce serait le meilleur pour eux : parmi eux il en est qui ont la foi, mais la plupart d'entre eux sont des transgresseurs pervertis.”
“La similitude de ceux qui furent chargés des (obligations de la) Loi mosaïque, mais qui ensuite manquèrent à ces (obligations), est celle d'un âne qui porte d'énormes volumes (mais ne les comprend pas). Mauvaise est la similitude des gens qui falsifient les Signes d'Allah : et Allah ne guide pas les gens qui font le mal.”
Al-Tabari explique que l'âne porte des livres de savoir dont il ne peut faire usage. Ainsi en est-il de ceux à qui la Torah fut donnée et qui ne l'ont pas mise en pratique, et n'ont pas cru en Muhammad (ﷺ), qu'elle leur disait de suivre. Il rapporte Ibn Abbas : Dieu en a fait la similitude de quiconque lit le Livre et ne suit pas ce qu'il contient.
“Comment dites-vous : « Nous sommes sages, et la Loi du SEIGNEUR est avec nous » ? Voici, certainement la plume mensongère des scribes a travaillé en vain.”
“Tu les trouveras certes, de tous les hommes, les plus avides de vie, — plus encore que les idolâtres : chacun d'eux souhaite qu'on lui donne une vie de mille ans : mais l'octroi d'une telle vie ne le sauvera pas du châtiment (mérité). Car Allah voit bien tout ce qu'ils font.”
“Dis : « Si la Demeure dernière, auprès d'Allah, est pour vous spécialement, et non pour quelqu'un d'autre, alors souhaitez la mort, si vous êtes sincères. »”
Al-Tabari lit 2:94 comme un argument que Dieu donna à Son Prophète (ﷺ) contre les Juifs qui vivaient autour de lui à Médine. Par lui, dit-il, Dieu démasqua leurs rabbins et leurs savants. Ils prétendaient que l'au-delà était à eux seuls, et furent mis au défi de souhaiter la mort s'ils étaient véridiques. Il lit 2:96 comme adressé au Prophète (ﷺ), au sujet de ces mêmes Juifs. Il dit qu'ils craignaient la mort parce qu'ils savaient ce qui les attendait pour leur mécréance.
“Ne vous fiez pas à des paroles mensongères, en disant : « Le temple du SEIGNEUR, le temple du SEIGNEUR, le temple du SEIGNEUR, ce sont ces choses. »”
“Ô vous qui croyez ! qu'avez-vous donc, que, lorsqu'on vous demande de partir dans la cause d'Allah, vous vous attachiez lourdement à la terre ? Préférez-vous la vie de ce monde à l'au-delà ? Mais bien petit est le bien-être de cette vie, comparé à l'au-delà.”
Les propres prophètes d'Israël l'ont dit les premiers
Les principaux reproches ne sont pas nouveaux. Ils sont déjà dans le Tanakh, la Bible hébraïque, prononcés au nom de Dieu (﷾). Ce sont la rébellion, l'alliance violée, une Loi portée mais non gardée, et des prophètes tués. Moïse a dit à Israël qu'il avait été rebelle « depuis le jour où je vous ai connus ». Isaïe appelle Israël des enfants qui se sont rebellés. Lui aussi place Israël au-dessous d'une bête de somme : l'âne connaît la crèche de son maître, « mais Israël ne connaît pas ». Jérémie dit que la plume des scribes a travaillé en vain, à peu près comme 62:5 parle d'une Loi portée et non gardée. Il maudit l'homme qui n'écoute pas l'alliance, comme le fait 5:13. La prière de Néhémie 9 confesse que les Israélites « tuèrent Tes prophètes ». Les Chroniques racontent comment on lapida le prophète Zacharie dans le parvis du Temple, sur l'ordre du roi. C'est le reproche de 2:61 et de 3:112. Nombres 11 a les concombres, les oignons et l'ail de 2:61. Les Juifs acceptent ces paroles de leurs propres prophètes. Les versets durs ne sont donc pas une nouvelle manière de parler d'Israël. La question principale est de savoir si le Coran vient du même Dieu (﷾).
“Souviens-toi, n'oublie pas comment tu as irrité le SEIGNEUR ton Dieu dans le désert ; depuis le jour où tu es sorti du pays d'Égypte jusqu'à votre arrivée en ce lieu, vous avez été rebelles envers le SEIGNEUR.”
“Vous avez été rebelles contre le SEIGNEUR depuis le jour où je vous ai connus. —”
“Écoutez, cieux, et prête l'oreille, terre, car le SEIGNEUR a parlé : J'ai nourri et élevé des enfants, et ils se sont rebellés contre Moi. Le bœuf connaît son possesseur, et l'âne la crèche de son maître ; mais Israël ne connaît pas, Mon peuple ne réfléchit pas. Ah ! nation pécheresse, peuple chargé d'iniquité, race de malfaiteurs, enfants qui agissent avec corruption ! Ils ont abandonné le SEIGNEUR, ils ont méprisé le Saint d'Israël, ils se sont retirés en arrière.”
“Comment dites-vous : « Nous sommes sages, et la Loi du SEIGNEUR est avec nous » ? Voici, certainement la plume mensongère des scribes a travaillé en vain.”
“et dis-leur : Ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu d'Israël : Maudit soit l'homme qui n'écoute pas les paroles de cette alliance,”
“Néanmoins, ils furent désobéissants, et se rebellèrent contre Toi, et jetèrent Ta loi derrière leur dos, et tuèrent Tes prophètes qui les avertissaient pour les ramener à Toi, et ils commirent de grandes provocations.”
“Et l'esprit de Dieu revêtit Zacharie, fils du prêtre Jehojada ; et il se tint au-dessus du peuple, et leur dit : « Ainsi parle Dieu : Pourquoi transgressez-vous les commandements du SEIGNEUR, de sorte que vous ne pouvez prospérer ? Parce que vous avez abandonné le SEIGNEUR, Il vous a aussi abandonnés. » Et ils conspirèrent contre lui, et le lapidèrent à coups de pierres, sur l'ordre du roi, dans le parvis de la maison du SEIGNEUR.”
“Et le ramassis de gens qui était au milieu d'eux fut saisi de convoitise ; et les enfants d'Israël, de leur côté, se mirent aussi à pleurer et dirent : « Qui nous donnera de la chair à manger ! Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Égypte pour rien ; des concombres, et des melons, et des poireaux, et des oignons, et de l'ail ; mais maintenant notre âme est desséchée ; il n'y a plus rien du tout ; nous n'avons que cette manne à regarder. » —”
Qui visent les versets d'éloge
Les versets d'éloge du Coran doivent être lus aussi exactement que ses versets durs. Les commentateurs ont lu la plupart d'entre eux au sujet de ceux qui crurent au Prophète (ﷺ) quand il vint. Al-Tabari rapporte d'Ibn Abbas que 3:85 est venu après 2:62. Il en conclut qu'Ibn Abbas tenait 2:62 pour abrogé, c'est-à-dire remplacé par le verset plus tardif. La lecture propre d'al-Tabari n'a pas besoin d'abrogation. Il lit 3:113-115 au sujet d'Abdullah ibn Salam et des autres Juifs de Médine qui acceptèrent l'islam avec lui. Il lit 3:199 au sujet des musulmans parmi les Juifs et les chrétiens. Il lit le « groupe qui suit la voie droite » de 5:66 comme ceux qui disent la vérité sur Jésus. Mujahid, un autre élève d'Ibn Abbas, les appelle les musulmans parmi les Gens du Livre. Al-Tabari lit 7:159 simplement, au sujet d'un groupe juste du peuple de Moïse. Ces versets ne sont donc pas un éloge des Juifs en tant que Juifs. Ils louent la foi et les œuvres, au temps de Moïse et au temps du Prophète (ﷺ).
“Ceux qui croient (au Coran), ceux qui suivent les écritures (juives), les chrétiens et les Sabéens, quiconque croit en Allah et au Jour dernier et fait le bien aura sa récompense auprès de son Seigneur ; il n'y aura pour eux aucune crainte, et ils ne seront point affligés.”
Al-Tabari lit « quiconque croit en Allah et au Dernier Jour », dit des Juifs, des chrétiens et des sabéens, comme la foi en Muhammad (ﷺ) et en ce qu'il a apporté, gardée jusqu'à la mort. Il rapporte d'al-Suddi que la foi d'un Juif consistait à s'en tenir à la Torah et à la voie de Moïse jusqu'à la venue de Jésus. Mujahid et al-Suddi disent que le verset vint au sujet de chrétiens que Salman al-Farisi avait connus, et qui moururent avant la mission du Prophète (ﷺ). Il rapporte d'Ibn Abbas que Dieu révéla ensuite 3:85, et en conclut qu'Ibn Abbas tenait 2:62 pour abrogé. Lui-même préfère sa première lecture, qu'il trouve plus proche du sens obvie du texte.
“Ils ne sont pas tous pareils : parmi les gens du Livre, il y a une partie qui se tient (pour le droit) : ils récitent les Signes d'Allah toute la nuit, et ils se prosternent en adoration. Ils croient en Allah et au Jour dernier ; ils ordonnent ce qui est juste et interdisent ce qui est mal ; et ils se hâtent (à l'envi) dans (toutes) les bonnes œuvres : ils sont dans les rangs des justes. Du bien qu'ils font, rien ne leur sera refusé ; car Allah connaît bien ceux qui font le bien.”
Al-Tabari rapporte d'Ibn Abbas que 3:113-115 descendirent quand Abdullah ibn Salam, Tha'laba ibn Sa'ya, Usayd ibn Sa'ya, Asad ibn Ubayd et d'autres Juifs acceptèrent l'islam. Certains rabbins qui ne l'acceptèrent pas avaient dit que seuls les pires d'entre eux l'avaient suivi. Al-Tabari préfère cette lecture : les versets font l'éloge des croyants parmi les Gens du Livre, un groupe qui s'attache fermement au Livre de Dieu. Il rapporte aussi Qatada : tout le peuple n'a pas péri ; Dieu avait un reste parmi eux.
“Et il y a certainement, parmi les Gens du Livre, ceux qui croient en Allah, en la révélation qui vous a été faite et en celle qui leur a été faite, s'inclinant humblement devant Allah : ils ne vendront pas les signes d'Allah pour un vil gain ! Ils ont leur récompense auprès de leur Seigneur, et Allah est prompt dans les comptes.”
Al-Tabari donne trois lectures de 3:199 : le Négus d'Abyssinie ; Abdullah ibn Salam et ceux qui étaient avec lui ; ou les musulmans parmi les Juifs et les chrétiens. Il préfère la dernière, celle de Mujahid, puisque le verset nomme les Gens du Livre sans restriction. Même s'il est descendu au sujet du Négus, dit-il, il couvre tous ceux qui, comme lui, ont suivi le Prophète (ﷺ) après avoir suivi la Torah et l'Évangile.
“Si seulement ils s'étaient tenus fermement à la Loi, à l'Évangile et à toute la révélation qui leur a été envoyée de leur Seigneur, ils auraient joui du bonheur de toutes parts. Il y a parmi eux un groupe qui suit la voie droite : mais beaucoup d'entre eux suivent une voie qui est mauvaise.”
Al-Tabari lit « s'étaient tenus fermement à la Loi, à l'Évangile » comme le fait d'agir selon ce sur quoi les livres s'accordent, avant tout la foi dans les messagers de Dieu. Il lit « toute la révélation qui leur a été envoyée » comme le Coran apporté par Muhammad (ﷺ). Il lit « un groupe qui suit la voie droite » (umma muqtasida) comme ceux qui disent la vérité sur Jésus. Ils l'appellent messager et parole de Dieu, sans faire de lui un fils de Dieu ni calomnier sa naissance. Mujahid dit que ce sont les musulmans parmi les Gens du Livre.
“Parmi le peuple de Moïse, il y a un groupe qui guide et fait justice à la lumière de la vérité.”
Al-Tabari explique simplement le verset : parmi les Enfants d'Israël, il y a un groupe qui s'attache à la vérité, agit selon elle et juge avec justice par elle. Il ajoute des récits, sans se prononcer sur eux, au sujet d'une tribu d'Israël qui désavoua le meurtre des prophètes et que Dieu emmena dans une terre lointaine.
La même mesure pour les musulmans
Un lecteur juif demandera si le Coran soumet son propre peuple à cette exigence. Il le fait. Le verset 3:110 n'appelle les musulmans le meilleur des peuples que tant qu'ils ordonnent le bien, interdisent le mal et croient. Le verset 47:38 avertit les musulmans que s'ils se détournent, Dieu (﷾) mettra un autre peuple à leur place. Ibn Abbas lit l'âne de 62:5 comme quiconque lit le Livre et ne le suit pas. Ces mots conviennent aussi à un musulman qui a le Coran. Al-Tabari lit aussi 3:112 comme un avertissement pour sa propre communauté. Le prophète Amos donne la mesure : plus l'appel est proche, plus le compte est sévère. Le Coran n'exempte personne par la naissance, les musulmans compris.
“Vous êtes le meilleur des peuples, suscité pour l'humanité, ordonnant ce qui est juste, interdisant ce qui est mal, et croyant en Allah. Si seulement les Gens du Livre avaient la foi, ce serait le meilleur pour eux : parmi eux il en est qui ont la foi, mais la plupart d'entre eux sont des transgresseurs pervertis.”
“Voici, vous êtes ceux qu'on invite à dépenser (de vos biens) dans le Chemin d'Allah : mais parmi vous il en est qui sont avares. Mais quiconque est avare l'est aux dépens de sa propre âme. Mais Allah est libre de tout besoin, et c'est vous qui êtes dans le besoin. Si vous vous détournez (du Chemin), Il vous remplacera par un autre peuple ; alors ils ne seraient pas comme vous !”
Al-Tabari explique que l'âne porte des livres de savoir dont il ne peut faire usage. Ainsi en est-il de ceux à qui la Torah fut donnée et qui ne l'ont pas mise en pratique, et n'ont pas cru en Muhammad (ﷺ), qu'elle leur disait de suivre. Il rapporte Ibn Abbas : Dieu en a fait la similitude de quiconque lit le Livre et ne suit pas ce qu'il contient.
Al-Tabari lit le verset au sujet des Juifs qui rejetèrent Muhammad (ﷺ) : l'humiliation fut posée sur eux partout où ils étaient, dans les terres des musulmans ou des idolâtres. Il rapporte d'al-Hasan que cette communauté les trouva payant la jizya aux mages, et que Dieu les abaissa et les plaça sous les pieds des musulmans. Il explique la « corde » (habl) comme le pacte et la promesse de sécurité qui gardaient sauves leurs vies, leurs biens et leurs enfants. Il tient que l'exception ne lève pas l'humiliation : elle reste sur eux, avec ce pacte ou sans lui. Il en donne la cause d'après le verset : rejeter les signes de Dieu, tuer les prophètes, désobéir et transgresser. Il dit que Dieu a parlé de la honte et de la colère qui vinrent sur ceux qui enfreignirent Ses limites pour deux raisons. C'était un rappel pour eux, afin qu'ils reviennent. Et c'était un avertissement pour « notre communauté », afin qu'elle ne suive pas leur chemin et ne connaisse pas la même fin.
“Vous seuls, Je vous ai connus parmi toutes les familles de la terre ; c'est pourquoi Je vous punirai pour toutes vos iniquités.”
Comment il est dit à un musulman de traiter les Juifs
Dans la vie de tous les jours, la loi est claire. Un musulman peut manger la nourriture des Gens du Livre et épouser une femme chaste parmi eux (5:5). Il peut agir avec bonté et justice envers tous ceux qui ne le combattent pas pour sa foi et ne le chassent pas de sa demeure (60:8). La haine d'autrui ne doit jamais l'écarter de la justice (5:8). Le Prophète (ﷺ) se mit en colère quand un musulman gifla un Juif qui avait juré par Moïse, et il parla de Moïse avec honneur. Il se leva au passage du convoi funèbre d'un Juif et dit : n'est-ce pas une âme ?
“Aujourd'hui, (toutes) les choses bonnes et pures vous sont rendues licites. La nourriture des gens du Livre vous est licite, et la vôtre leur est licite. (Vous sont licites en mariage) (non seulement) les femmes chastes qui sont croyantes, mais aussi les femmes chastes parmi les gens du Livre, révélé avant votre temps, quand vous leur donnez leurs dots dues, et recherchez la chasteté, non la débauche ni les intrigues secrètes. Si quelqu'un rejette la foi, vaine est son œuvre, et dans l'Au-delà il sera dans les rangs de ceux qui ont (tout) perdu (de bien spirituel).”
“Allah ne vous défend pas, envers ceux qui ne vous combattent pas pour (votre) foi et ne vous chassent pas de vos demeures, d'agir envers eux avec bonté et justice : car Allah aime ceux qui sont justes.”
“Ô vous qui croyez ! Tenez-vous fermement pour Allah, en témoins de l'équité, et que la haine d'autrui envers vous ne vous pousse pas à mal agir et à vous écarter de la justice. Soyez justes : c'est plus proche de la piété : et craignez Allah. Car Allah est bien informé de tout ce que vous faites.”
Abu Hurayra rapporte qu'un commerçant juif jura par Celui qui a choisi Moïse au-dessus de tous les hommes, et qu'un musulman de Médine le gifla pour cela. Le juif se plaignit au Prophète (ﷺ), qui se mit en colère, au point que la colère se vit sur son visage, et dit : ne préférez aucun des prophètes d'Allah à un autre. Il ajouta qu'au Jour de la Résurrection, il trouvera peut-être Moïse déjà debout, tenant le Trône, et qu'il ne dit pas que quiconque soit meilleur que Jonas fils de Matta.
Abd al-Rahman ibn Abi Layla rapporte que Sahl ibn Hunayf et Qays ibn Sa'd se levèrent à al-Qadisiyya au passage d'un convoi funèbre. On leur dit que c'étaient les funérailles d'un des non-musulmans protégés du pays. Ils dirent que le Prophète (ﷺ) s'était un jour levé au passage d'un convoi funèbre, et que, quand on lui dit que c'était celui d'un Juif, il dit : n'est-ce pas une âme ? Al-Bukhari le place sous le titre de chapitre « celui qui se leva pour les funérailles d'un Juif ».
Verset par verset
Coran 5:82 — Sourate al-Ma'ida (La Table servie), verset 82
“Les plus forts parmi les hommes en inimitié envers les croyants, tu trouveras que ce sont les Juifs et les païens ; et les plus proches d'entre eux en amour envers les croyants, tu trouveras que ce sont ceux qui disent : « Nous sommes chrétiens » : parce que parmi eux il y a des hommes voués à l'étude et des hommes qui ont renoncé au monde, et ils ne sont pas arrogants.”
Cité pour
Les critiques disent que le Coran désigne les Juifs comme les pires ennemis des musulmans, pour toujours.
La réponse
Le verset s'adresse au Prophète (ﷺ) : « tu trouveras ». Sa formulation arabe, la-tajidanna, est un futur appuyé qui lui est adressé. Al-Tabari le lit ainsi, et rattache son éloge à certains chrétiens qui crurent en lui. C'est un constat, non un ordre, et non une règle sur les Juifs à une époque ultérieure. Ce n'est pas non plus un verdict sur chaque Juif : le même Coran dit « Ils ne sont pas tous pareils » (3:113). Son éloge vise certains chrétiens. Le Coran loue des croyants parmi les Juifs en 3:113-115 et 5:66, et les justes du peuple de Moïse en 7:159. Le même livre permet à un musulman d'épouser une femme juive (5:5). Un ordre permanent d'inimitié ne peut pas aller de pair avec cela.
Ce qu'il en ressort — Un constat de ce que le Prophète (ﷺ) allait trouver, non un ordre au sujet des Juifs de toutes les époques.
Coran 9:30 — Sourate al-Tawba (Le Repentir), verset 30
“Les Juifs appellent 'Uzair fils d'Allah, et les chrétiens appellent le Christ fils d'Allah. C'est une parole qui sort de leur bouche ; (en cela) ils ne font qu'imiter ce que disaient les mécréants d'autrefois. Que la malédiction d'Allah soit sur eux : comme ils se laissent détourner de la vérité !”
Cité pour
Aucun Juif n'a jamais appelé Esdras le fils de Dieu. Le verset montre que le Coran ne connaît pas le judaïsme.
La réponse
Aucun texte juif conservé n'emploie ces mots, et cette page ne prétend pas qu'il en existe un. Le verset rapporte une parole. Son verbe, qalat, « dirent », est aussi employé pour les chrétiens, donc le temps seul ne le limite pas. La limite vient des récits. Les récits d'al-Tabari nomment un seul homme, ou un groupe de Juifs venus trouver le Prophète (ﷺ) à Médine. Ibn Abbas dit que cette parole est née de ce qu'Esdras rétablit la Torah après qu'elle avait été oubliée. Le Talmud, le recueil de l'enseignement rabbinique, loue Esdras pour cette même action. Quand la Torah fut oubliée, il monta de Babylone et l'établit de nouveau (Soukka 20a).
Ce qu'il en ressort — Le verset condamne une parole que les commentateurs situent chez certains Juifs de Médine ; ce n'est pas une affirmation sur la croyance juive.
Coran 7:167 — Sourate al-A'raf (Les Hauteurs), verset 167
“Voici ! ton Seigneur déclara qu'Il enverrait contre eux, jusqu'au Jour du Jugement, ceux qui les affligeraient d'un châtiment pénible. Ton Seigneur est prompt dans le châtiment, mais Il est aussi Très Pardonneur, Très Miséricordieux.”
Cité pour
Les critiques disent que le verset 7:167 promet aux Juifs la souffrance jusqu'à la fin des temps, et qu'Ibn Abbas désigne les musulmans comme ceux qui la causent.
La réponse
Ibn Abbas lit le verset comme la jizya, perçue par le Prophète (ﷺ) et sa communauté. Al-Tabari appelle la jizya une marque d'abaissement. Aucune de ces lectures ne donne à un musulman ou à un État la moindre tâche contre les Juifs d'aujourd'hui. Il lit aussi la « corde » de 3:112 comme un pacte qui gardait sauves les vies, les biens et les enfants. La Torah aussi fait envoyer par Dieu (﷾) une nation contre Israël : « Le SEIGNEUR amènera contre toi, de loin, des extrémités de la terre, une nation » (Deutéronome 28:49). Elle avertit : « parmi ces nations tu n'auras point de repos » (Deutéronome 28:65). Le verset se termine par « Très Pardonneur, Très Miséricordieux » : al-Tabari dit que Dieu (﷾) pardonne à quiconque se repent et revient à Lui obéir. Il ne permet à aucun musulman de faire du tort à qui que ce soit. Le verset 5:8 commande la justice même envers ceux qu'il n'aime pas.
Ce qu'il en ressort — Un avertissement de ce qu'entraîne une alliance violée, comme dans la Torah, avec miséricorde pour ceux qui reviennent ; il n'autorise aucun tort envers qui que ce soit et ne donne à personne de tâche contre les Juifs.
Lévitique 26:44 — Torah, Vayikra, chapitre 26, verset 44
“Et pourtant, malgré tout cela, quand ils seront dans le pays de leurs ennemis, Je ne les rejetterai pas, et Je ne les aurai pas en horreur, jusqu'à les détruire entièrement et à rompre Mon alliance avec eux ; car Je suis le SEIGNEUR leur Dieu.”
Cité pour
L'alliance de Dieu avec Israël est éternelle. Il ne rejettera jamais Israël, donc tout livre qui dit qu'Il les a maudits ne vient pas de Lui.
La réponse
Lévitique 26:44 vient après les malédictions du même chapitre, qui tombent sur Israël parce qu'il a violé l'alliance. Il promet que Dieu (﷾) ne détruira pas Israël entièrement, et 26:40-42 dit qu'Il Se souvient de l'alliance quand Israël confesse son iniquité. Le Coran dit la même chose, et ne dit jamais que Dieu (﷾) a rejeté Israël en tant que peuple. Même 7:167 se termine par « Très Pardonneur, Très Miséricordieux ». Il les appelle à garder leur alliance comme Il garde la Sienne (2:40). La garder signifie maintenant : « croyez en ce que Je révèle, qui confirme la révélation qui est avec vous » (2:41). Et il promet d'effacer leurs péchés s'ils croient (5:65).
Ce qu'il en ressort — Les deux livres maudissent l'alliance violée et promettent la miséricorde au retour ; le Coran dit que le retour inclut maintenant la révélation qui confirme la Torah.
Coran 2:62 — Sourate al-Baqara (La Vache), verset 62
“Ceux qui croient (au Coran), ceux qui suivent les écritures (juives), les chrétiens et les Sabéens, quiconque croit en Allah et au Jour dernier et fait le bien aura sa récompense auprès de son Seigneur ; il n'y aura pour eux aucune crainte, et ils ne seront point affligés.”
Cité pour
Même l'éloge du Coran ne vise que les Juifs devenus musulmans ; ses commentateurs disent que 2:62 a été abrogé.
La réponse
La plupart des commentateurs lisent l'éloge au sujet de ceux qui crurent au Prophète (ﷺ) quand il vint, et cette page le dit. Al-Tabari rapporte d'Ibn Abbas que 3:85 est venu après 2:62. Il en conclut qu'Ibn Abbas tenait 2:62 pour abrogé, c'est-à-dire remplacé. Sa propre lecture n'a pas besoin d'abrogation. Pour les Juifs, les chrétiens et les Sabéens (un groupe que le verset nomme à côté d'eux), croire en 2:62 signifie croire en Muhammad (ﷺ). Le judaïsme aussi lie la récompense à l'acceptation de ce que Dieu (﷾) a révélé. Rabbi Josué (Ier-IIe siècle) enseignait que les justes des nations ont une part au Monde à venir, la vie après la mort. Maïmonide, un juriste juif du douzième siècle, ajoute une condition. Le non-Juif doit garder les sept lois de Noé parce que Dieu (﷾) les a commandées par Moïse. Le judaïsme ne demande pas à un non-Juif de devenir juif, mais l'islam demande à chacun de suivre le dernier messager. Ce n'est pas deux poids, deux mesures : le Coran dit qu'il a été envoyé « vers vous tous » (7:158). Le Coran loue aussi les justes d'Israël d'avant le Prophète (ﷺ) : les prophètes et les rabbins de 5:44, et 7:159.
Ce qu'il en ressort — Les deux fois lient la récompense à l'acceptation de ce que Dieu (﷾) a révélé ; l'islam tient que cela inclut maintenant le dernier messager, envoyé à tous.
Coran 5:51 — Sourate al-Ma'ida (La Table servie), verset 51
“Ô vous qui croyez ! ne prenez pas les juifs et les chrétiens pour amis et protecteurs : ils ne sont amis et protecteurs que les uns des autres. Et celui d'entre vous qui se tourne vers eux (pour l'amitié) est des leurs. En vérité, Allah ne guide pas un peuple injuste.”
Cité pour
Les critiques disent qu'il est interdit aux musulmans d'être amis avec des Juifs.
La réponse
Awliya' signifie ici des alliés et des protecteurs. Al-Tabari l'explique comme des soutiens et des alliés contre les croyants. Le verset suivant montre qui le faisait : des hommes qui gardaient une alliance parce qu'ils craignaient un retour de fortune. L'amitié est une autre affaire. Un musulman peut épouser une femme juive, et on ne peut interdire à personne d'être l'ami de sa propre épouse. Le verset 60:8 permet la bonté et la justice envers tous ceux qui ne combattent pas les musulmans pour leur foi et ne les chassent pas de leurs demeures.
Ce qu'il en ressort — Le verset interdit de les prendre pour soutiens et alliés contre les croyants ; la bonté et la justice sont permises par 60:8, et le mariage par 5:5.
Coran 5:64 — Sourate al-Ma'ida (La Table servie), verset 64
“Les Juifs disent : « La main d'Allah est liée. » Que leurs mains soient liées, et qu'ils soient maudits pour le (blasphème) qu'ils profèrent. Non, Ses deux mains sont largement ouvertes : Il donne et dispense (de Ses bienfaits) comme Il veut. Mais la révélation qui te vient d'Allah accroît chez la plupart d'entre eux leur rébellion obstinée et leur blasphème. Nous avons jeté entre eux l'inimitié et la haine jusqu'au Jour du Jugement. Chaque fois qu'ils allument le feu de la guerre, Allah l'éteint ; mais ils s'efforcent (sans cesse) de semer la corruption sur la terre. Et Allah n'aime pas les corrupteurs.”
Cité pour
Les critiques disent que le Coran maudit le peuple juif et lui souhaite l'inimitié pour toujours.
La réponse
Le verset condamne une parole, et Ikrima dit qu'il est descendu au sujet d'un seul homme, Finhas le Juif. Ibn Abbas dit que cette parole voulait dire que Dieu (﷾) est avare. Le Tanakh répond au même doute : « La main du SEIGNEUR est-elle devenue courte ? » (Nombres 11:23). Sophonie réprimande ceux qui disent : « Le SEIGNEUR ne fera pas de bien ». La malédiction tombe sur la parole et sur ceux qui l'ont dite. Al-Tabari, avec Mujahid, lit « Nous avons jeté entre eux l'inimitié et la haine » comme entre les Juifs et les chrétiens. Le verset 5:14 dit la même chose des chrétiens. Ni l'un ni l'autre n'ordonne aux musulmans de haïr qui que ce soit. Mujahid lit « le feu de la guerre » comme la guerre contre le Prophète (ﷺ). Deux versets plus loin, 5:66 dit : « Il y a parmi eux un groupe qui suit la voie droite ». Le verset 5:13 excepte « quelques-uns » de son accusation de tromperie et dit « pardonne-leur ».
Ce qu'il en ressort — La malédiction porte sur une parole et sur l'alliance violée, comme chez les prophètes. Elle nomme des actes, non un peuple par sa naissance, et n'ordonne à personne de haïr.
Ésaïe 1:2-4 — Nevi'im, Yeshayahu, chapitre 1, versets 2-4
“Écoutez, cieux, et prête l'oreille, terre, car le SEIGNEUR a parlé : J'ai nourri et élevé des enfants, et ils se sont rebellés contre Moi. Le bœuf connaît son possesseur, et l'âne la crèche de son maître ; mais Israël ne connaît pas, Mon peuple ne réfléchit pas. Ah ! nation pécheresse, peuple chargé d'iniquité, race de malfaiteurs, enfants qui agissent avec corruption ! Ils ont abandonné le SEIGNEUR, ils ont méprisé le Saint d'Israël, ils se sont retirés en arrière.”
Cité pour
Quand Isaïe réprimande Israël, il parle comme quelqu'un de la famille. Le Coran est un étranger qui attaque un peuple. Les chrétiens ont utilisé les paroles des prophètes contre les Juifs pendant des siècles ; le Coran fait de même.
La réponse
La réprimande d'Isaïe n'est pas la sienne : « car le SEIGNEUR a parlé ». Amos en donne la règle : « Vous seuls, Je vous ai connus parmi toutes les familles de la terre ; c'est pourquoi Je vous punirai pour toutes vos iniquités ». Plus l'appel est proche, plus le compte est sévère. Des auteurs chrétiens ont jadis utilisé ces mêmes prophètes pour dire que Dieu (﷾) avait rejeté Israël pour toujours. Le Coran ne dit pas cela. Il appelle encore les Enfants d'Israël à leur alliance (2:40), et avertit les musulmans qu'eux aussi peuvent être remplacés (47:38). Le Coran parle aussi comme la parole de Dieu (﷾), et il rappelle l'appel d'Israël dans le même souffle (2:47). La question n'est donc pas de savoir qui a parlé, mais si le Coran vient du Dieu (﷾) qui a parlé par Isaïe.
Ce qu'il en ressort — La valeur d'une réprimande dépend de ce que Dieu (﷾) l'ait envoyée, non de la famille de celui qui parle.
Coran 3:110 — Sourate Al Imran (La Famille d'Imran), verset 110
“Vous êtes le meilleur des peuples, suscité pour l'humanité, ordonnant ce qui est juste, interdisant ce qui est mal, et croyant en Allah. Si seulement les Gens du Livre avaient la foi, ce serait le meilleur pour eux : parmi eux il en est qui ont la foi, mais la plupart d'entre eux sont des transgresseurs pervertis.”
Cité pour
Le Coran appelle les musulmans le meilleur des peuples et les Juifs des transgresseurs. Il soumet les Juifs à une exigence qu'il n'applique jamais aux musulmans.
La réponse
Le verset 3:110 ne fait des musulmans les meilleurs que tant qu'ils ordonnent le bien, interdisent le mal et croient. Le verset 47:38 les avertit que Dieu (﷾) les remplacera s'ils se détournent. Ibn Abbas lit l'âne de 62:5 comme quiconque lit le Livre et ne le suit pas. Ces mots conviennent aussi à un musulman qui a le Coran. Al-Tabari lit aussi 3:112 comme un avertissement pour les musulmans. Et le Prophète (ﷺ) a pris le parti d'un Juif contre un musulman qui l'avait frappé.
Ce qu'il en ressort — La mesure du Coran est la foi et les œuvres pour tous ; les musulmans sont avertis par les mêmes versets.
Coran 2:61 — Sourate al-Baqara (La Vache), verset 61
“Et rappelez-vous, vous avez dit : « Ô Moïse ! nous ne pouvons supporter une seule sorte de nourriture (toujours) ; prie donc ton Seigneur pour nous, qu'Il fasse pousser pour nous de ce que la terre produit — ses herbes potagères, et ses concombres, son ail, ses lentilles et ses oignons. » Il dit : « Voulez-vous échanger le meilleur contre le pire ? Descendez dans n'importe quelle ville, et vous trouverez ce que vous voulez ! » Ils furent couverts d'humiliation et de misère ; ils attirèrent sur eux la colère d'Allah. Ceci parce qu'ils ne cessaient de rejeter les Signes d'Allah et de tuer Ses Messagers sans juste cause. Ceci parce qu'ils se rebellèrent et ne cessèrent de transgresser.”
Cité pour
Le Coran blâme les Juifs de Médine pour ce qu'ont fait leurs ancêtres : « rappelez-vous, vous avez dit » (2:61). C'est une culpabilité collective et héritée.
La réponse
Le Coran rejette la culpabilité héritée en termes clairs : « nul porteur de fardeau ne portera le fardeau d'autrui » (6:164). Des patriarches et de leur lignée, il dit : « Ils récolteront le fruit de ce qu'ils ont fait, et vous de ce que vous faites ! » (2:134). Le mérite ne passe pas par la naissance, et la culpabilité non plus. Son « vous » s'adresse à un peuple comme à une seule lignée à travers le temps, comme le fait le Tanakh. Il est dit à Israël : « ils confesseront leur iniquité, et l'iniquité de leurs pères » (Lévitique 26:40). Le Psaume prie : « Nous avons péché avec nos pères » (Psaume 106:6).
Ce qu'il en ressort — Dans le Coran, la culpabilité est personnelle ; son « vous » s'adresse à un peuple à travers le temps, comme le font Lévitique 26:40 et Psaume 106:6.
Points de vue
Une lecture juive
Beaucoup de lecteurs juifs prennent les versets du Coran sur les Juifs pour de la polémique : des attaques nées des conflits de Médine. La Torah dit que l'alliance de Dieu avec Israël ne peut jamais être rompue. Quand les prophètes d'Israël réprimandent, ils parlent au sein de la famille, et ils finissent par la consolation.
Dieu promet que même en exil, Il ne rejettera pas Israël et ne rompra pas Son alliance avec lui.
Réfutation
Le Coran ne dit jamais que Dieu (﷾) a rejeté Israël en tant que peuple. Lévitique 26 lui-même maudit une alliance violée avant cette promesse, et Dieu (﷾) Se souvient de Son alliance quand Israël confesse (26:40-42). Le Coran garde ce modèle : il appelle Israël à son alliance (2:40) et promet d'effacer leurs péchés s'ils croient (5:65).
Israël ne cessera pas d'être une nation devant Dieu tant que le soleil, la lune et les étoiles garderont leur ordre.
Réfutation
Le Coran ne dit jamais que Dieu (﷾) a rejeté Israël ; il appelle encore les Enfants d'Israël à garder leur alliance (2:40). La seule question est de savoir si la garder inclut maintenant la révélation qui confirme la Torah (2:41).
Appeler les Juifs les plus forts en inimitié et interdire de s'allier avec eux se lit comme de l'hostilité envers un peuple.
Réfutation
Le verset 5:82 dit au Prophète (ﷺ) ce qu'il allait trouver, et ne commande rien. Le verset 3:113 ajoute : « Ils ne sont pas tous pareils ». Al-Tabari explique 5:51 comme une interdiction des alliances contre les croyants. Et la même sourate permet à un musulman d'épouser une femme juive (5:5). Le verset 60:8 permet la bonté et la justice envers tous ceux qui ne combattent pas les musulmans pour leur foi et ne les chassent pas de leurs demeures.
Aucun texte juif conservé n'appelle Esdras un fils de Dieu, donc 9:30 décrit mal le judaïsme.
Réfutation
C'est vrai : aucun texte juif conservé n'emploie ces mots. Le verset rapporte une parole, et les récits d'al-Tabari nomment un seul homme, ou un groupe de Juifs venus trouver le Prophète (ﷺ) à Médine. Il condamne ce que certains ont dit ; ce n'est pas une affirmation sur la croyance juive.
Même l'éloge du Coran est pour les Juifs devenus musulmans, comme le disent ses propres commentateurs.
Réfutation
C'est en grande partie vrai, et cette page le dit, même si 5:44 et 7:159 louent les justes d'Israël d'avant le Prophète (ﷺ). Le judaïsme aussi lie la récompense à l'acceptation de ce que Dieu (﷾) a révélé, comme Maïmonide, un juriste juif du douzième siècle, le statue pour les non-Juifs. L'islam tient que cela inclut maintenant le dernier messager, envoyé « vers vous tous » (7:158).
L'accusation selon laquelle Israël a tué ses prophètes fait écho à la polémique chrétienne contre les Juifs.
Réfutation
C'est l'écriture même d'Israël qui porte d'abord l'accusation : la prière de Néhémie confesse qu'ils « tuèrent Tes prophètes » (Néhémie 9:26). Des auteurs chrétiens ont ensuite utilisé ces versets pour dire que Dieu (﷾) avait rejeté Israël pour toujours. Le Coran ne dit jamais cela, et il appelle encore Israël à son alliance (2:40).
Le point de vue islamique
Le Coran parle à Israël comme l'ont fait ses prophètes. Il loue les fidèles, réprimande les rebelles et garde la porte ouverte. Il juge par la foi et les œuvres, jamais par la naissance, et il soumet les musulmans à la même mesure.
La plupart des versets durs du Coran reprennent des reproches faits par Moïse, Isaïe, Jérémie et la prière de Néhémie.
Le Coran dit que les Gens du Livre ne sont pas tous pareils, et loue les justes du peuple de Moïse.
Dieu (﷾) promet d'effacer les péchés des Gens du Livre s'ils croient et font le bien.
La loi islamique permet à un musulman d'épouser une femme juive et de manger la nourriture des Juifs, et elle commande la justice envers tous.
Le Prophète (ﷺ) s'est levé au passage du convoi funèbre d'un Juif, et s'est mis en colère quand un musulman a frappé un Juif.
Le Coran avertit les musulmans que Dieu (﷾) les remplacera s'ils se détournent.