Réponse courte
Deux se détachent : le retour des Romains contre la Perse, et la mort d'Abou Lahab en mécréant. La Perse avait écrasé les armées romaines, et pourtant le Coran dit que les Romains l'emporteraient « dans quelques années ». Le mot arabe, bid', désigne un petit nombre inférieur à dix, le plus souvent de trois à neuf. Les Romains furent battus près d'Antioche en 613 et perdirent Jérusalem en 614. L'historien Edward Gibbon écrivit qu'aucune prophétie n'aurait pu sembler plus éloignée de son accomplissement. Pourtant, en 622, l'empereur Héraclius battit les Perses, et en 628 la Perse avait demandé la paix. Le Coran dit aussi qu'Abou Lahab, l'oncle du Prophète (ﷺ), brûlerait dans le Feu. Cela voulait dire qu'il mourrait en rejetant l'islam. Il vécut des années encore, et une seule phrase, même fausse, aurait pu jeter le doute sur cela. Il ne la prononça jamais. L'islam enseigne que ce sont des signes que le Coran vient de Dieu (﷾).
Explication complète
Les Romains au plus bas
En 613, l'armée romaine fut lourdement battue près d'Antioche. Les Perses avancèrent alors sur tous les fronts, prenant Jérusalem en 614 et l'Égypte peu après. Edward Gibbon était un historien anglais du dix-huitième siècle qui ne croyait pas au Coran. Il jugea qu'à ce moment-là, aucune prophétie n'aurait pu être plus éloignée de son accomplissement.
Décrit la guerre perse sous Khosro II. Après une lourde défaite byzantine près d'Antioche en 613, les Perses avancèrent sur tous les fronts, prenant Jérusalem en 614 puis l'Égypte, tandis que les Avars pressaient au nord, et l'empire semblait près de s'effondrer. Héraclius lança sa contre-offensive en 622 et remporta cette année-là sa première victoire sur les Perses.
“Au moment où cette prédiction aurait été faite, aucune prophétie ne pouvait être plus éloignée de son accomplissement, puisque les douze premières années d'Héraclius annonçaient la dissolution prochaine de l'empire.”
Ce que le Coran a annoncé
Le Coran annonça la défaite romaine et dit qu'après elle, les Romains seraient victorieux dans quelques années. Le mot arabe traduit par « quelques » est bid'. Les dictionnaires classiques l'expliquent comme un petit nombre, le plus souvent de trois à neuf. La prédiction nommait donc un camp, une issue et un délai, au moment où ce camp semblait fini.
“L'Empire romain a été vaincu, dans une terre toute proche ; mais eux, (même) après leur défaite, seront bientôt victorieux, dans quelques années. À Allah appartient la décision, dans le passé et dans l'avenir : ce jour-là, les croyants se réjouiront,”
Rassemble les dictionnaires arabes classiques. Sous le mot bid', il relève un petit nombre indéterminé inférieur à dix, le plus souvent expliqué comme allant de trois à neuf.
Comment elle s'est réalisée
En 622, Héraclius, l'empereur romain, lança sa contre-offensive et remporta sa première victoire sur une armée perse. C'était moins de neuf ans après la défaite d'Antioche. Il porta ensuite la guerre en terre perse et battit les Perses près de Ninive en 627. En 628, la Perse demanda la paix et accepta de rendre les terres qu'elle avait prises.
Décrit la guerre perse sous Khosro II. Après une lourde défaite byzantine près d'Antioche en 613, les Perses avancèrent sur tous les fronts, prenant Jérusalem en 614 puis l'Égypte, tandis que les Avars pressaient au nord, et l'empire semblait près de s'effondrer. Héraclius lança sa contre-offensive en 622 et remporta cette année-là sa première victoire sur les Perses.
Une histoire de l'empereur romain (byzantin) Héraclius. Elle relate les conquêtes perses des terres romaines, dont Jérusalem en 614, et les contre-campagnes d'Héraclius à partir de 622, qui s'achevèrent par sa victoire près de Ninive en 627 et la restitution par les Perses des terres conquises.
- 613
Les Romains sont écrasés
L'armée romaine est lourdement battue près d'Antioche. Les Perses avancent sur tous les fronts.
- 614
Jérusalem est perdue
Les Perses prennent Jérusalem, puis l'Égypte peu après. Les Romains semblent finis.
- Au plus bas
Ce que le Coran annonça
Le Coran dit que les Romains vaincus seront victorieux dans quelques années. Le mot arabe pour quelques, bid', désigne un petit nombre, le plus souvent de trois à neuf.
- 622
La première victoire romaine
L'empereur Héraclius bat une armée perse en rase campagne, moins de neuf ans après la défaite d'Antioche.
- 628
La Perse demande la paix
La Perse demande la paix et accepte de rendre les terres qu'elle avait prises.
Edward Gibbon, un historien qui ne croyait pas au Coran, jugea qu'à l'époque aucune prophétie n'aurait pu sembler plus éloignée de son accomplissement.
Abou Lahab, qui aurait pu la démentir
Abou Lahab était l'oncle du Prophète (ﷺ) et l'un de ses ennemis les plus acharnés. Quand le Prophète (ﷺ) rassembla pour la première fois les clans de La Mecque pour les avertir, Abou Lahab le maudit. La sourate qui porte son nom fut alors révélée. Elle dit qu'il brûlera dans le Feu, ce qui signifie qu'il mourrait en mécréant. Il vécut des années après qu'elle eut été récitée à La Mecque. Il lui suffisait de dire qu'il était musulman, même faussement, pour jeter le doute sur elle. Il ne le fit jamais. Il mourut quelques jours après que la nouvelle de Badr parvint à La Mecque, toujours ennemi de l'islam. Badr fut la première grande bataille entre les musulmans et La Mecque.
“Périssent les mains du Père de la Flamme ! Qu'il périsse ! Rien ne lui serviront toutes ses richesses ni tous ses gains ! Il sera bientôt brûlé dans un Feu à la flamme ardente !”
Ibn Abbas rapporte que le Prophète (ﷺ) monta sur la colline d'al-Safa à La Mecque et rassembla les clans de Quraych pour les avertir. Abou Lahab dit : puisses-tu périr, est-ce pour cela que tu nous as rassemblés ? Alors fut révélée la sourate al-Masad, « Périssent les mains d'Abou Lahab ».
Rapporte qu'Abou Lahab resta à La Mecque quand les Quraych marchèrent vers Badr, et qu'il mourut peu après la bataille, toujours ennemi du Prophète (ﷺ) et de l'islam.
Le critère de la Bible elle-même pour une prophétie
Le Deutéronome, un livre de la Bible, donne le critère. Si ce qu'un prophète dit au nom de Dieu (﷾) n'arrive pas, Dieu (﷾) ne l'a pas dit. Les prédictions du Coran ont été faites en public, là où des ennemis pouvaient les vérifier. L'une fixait un délai, et l'autre dépendait du propre choix d'un ennemi. Toutes deux ont passé ce critère. Le Deutéronome ajoute qu'un signe qui se réalise ne doit pas mener à d'autres dieux (13:1-3). Le Coran appelle au seul Dieu (﷾) d'Abraham.
“Quand ce que dira le prophète au nom du Seigneur n'aura pas lieu et n'arrivera pas, ce sera une parole que le Seigneur n'aura point dite. C'est par audace que le prophète l'aura dite : n'aie pas peur de lui.”
“S'il s'élève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t'annonce un signe ou un prodige, et qu'il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t'a parlé en disant : Allons après d'autres dieux, des dieux que tu ne connais point, et servons-les ! tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce songeur, car c'est le Seigneur, votre Dieu, qui vous met à l'épreuve pour savoir si vous aimez le Seigneur, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme.”
“L'Empire romain a été vaincu, dans une terre toute proche ; mais eux, (même) après leur défaite, seront bientôt victorieux, dans quelques années. À Allah appartient la décision, dans le passé et dans l'avenir : ce jour-là, les croyants se réjouiront,”
“Périssent les mains du Père de la Flamme ! Qu'il périsse ! Rien ne lui serviront toutes ses richesses ni tous ses gains ! Il sera bientôt brûlé dans un Feu à la flamme ardente !”
Répondre au sceptique
Gibbon, Histoire de la décadence, ch. 46, note 69
Dans une note sur le même passage, Gibbon qualifie la prédiction du Coran de conjecture ou de supposition de Muhammad (ﷺ), et reproche à l'écrivain français Boulainvilliers de l'avoir présentée comme une prophétie évidente d'un événement futur.
Cité pour
Gibbon l'appela une conjecture : avec deux empires en guerre, n'importe qui pouvait deviner que le vaincu se relèverait.
La réponse
Une supposition aurait dû miser sur le camp qui semblait fini. Elle aurait dû fixer un délai de quelques années. Elle aurait aussi dû être annoncée à La Mecque, où des ennemis pouvaient s'en moquer si elle échouait. Gibbon lui-même écrivit qu'aucune prophétie ne pouvait alors être plus éloignée de son accomplissement. Et elle se tient à côté de la prophétie sur Abou Lahab. Aucune supposition ne pouvait garantir celle-là, car elle dépendait du propre choix d'un ennemi vivant.
Ce qu'il en ressort — Une prédiction faite contre toutes les apparences, avec un délai, et qui s'est réalisée, ne s'explique pas en l'appelant une supposition.
Points de vue
Lecture sceptique
Un sceptique peut dire que le retour des Romains était une supposition chanceuse au sujet de deux empires en guerre. Gibbon l'appela une conjecture.
Gibbon appela la prédiction une conjecture ou une supposition plutôt qu'une prophétie.
Réfutation
Ce n'était pas une supposition sans risque : elle misait sur le camp qui semblait fini, dans quelques années. Elle fut faite à La Mecque, où des ennemis pouvaient s'en moquer. Gibbon lui-même écrivit qu'aucune prophétie ne pouvait alors être plus éloignée de son accomplissement.
Le point de vue islamique
Le Coran a fait des prédictions qui auraient pu être démenties du vivant de ceux qui les entendirent, et elles se sont réalisées. Seul Celui qui connaît l'avenir pouvait les faire. C'est l'un des signes que le Coran vient de Dieu (﷾).
Le Coran a annoncé une victoire romaine sur la Perse dans un délai de bid' années. C'est un petit nombre, le plus souvent expliqué comme allant de trois à neuf.
Les Romains furent battus près d'Antioche en 613. Ils remportèrent leur première victoire sur les Perses en 622, et contraignirent la Perse à demander la paix en 628.
Gibbon ne croyait pas au Coran. Pourtant il jugea qu'au moment où elle fut faite, aucune prophétie ne pouvait être plus éloignée de son accomplissement.
Abou Lahab mourut ennemi de l'islam, comme l'avait dit la sourate al-Masad.
Abou Lahab vécut des années après que la sourate fut récitée, et ne professa jamais l'islam. S'il l'avait professé, cela seul aurait jeté le doute sur la sourate.
Selon le critère de la Bible elle-même, un prophète dont la parole échoue n'a pas parlé de la part de Dieu (﷾). Les prédictions du Coran n'ont pas échoué.