Réponse courte
Non. L'islam enseigne qu'il est la seule religion que Dieu (﷾) accepte, mais il ordonne aux musulmans de tolérer les gens qui ont d'autres croyances. Le Coran dit qu'il n'y a nulle contrainte en religion. Il dit au Prophète Muhammad (ﷺ) que son devoir est seulement de transmettre le message. Les musulmans peuvent persuader, mais ils ne peuvent forcer personne à devenir musulman. Le Prophète (ﷺ) a averti que quiconque tue un non-musulman vivant sous un pacte ne sentira pas le parfum du Paradis. Sous la domination musulmane, les communautés chrétiennes et juives ont gardé leur culte, leur clergé et leurs propres tribunaux. Quand l'Espagne expulsa ses juifs en 1492, beaucoup trouvèrent un accueil dans l'Empire ottoman. En bref, l'islam rejette les fausses croyances, mais il protège les chrétiens, les juifs et les autres qui vivent sous sa domination.
Explication complète
Une seule vraie religion
Le Coran affirme que Dieu (﷾) n'accepte aucune religion autre que l'islam, c'est-à-dire la soumission à Lui. Les musulmans ne le cachent pas et ne l'adoucissent pas. Les chrétiens disent quelque chose de semblable de leur propre foi, avec les mots de Jésus dans l'Évangile de Jean. Croire que sa propre religion est vraie n'est pas la même chose que maltraiter ceux qui ne sont pas d'accord. La vraie question est de savoir comment une religion dit à ses fidèles de traiter ces gens.
“Quiconque désire une religion autre que l'islam (la soumission à Allah), elle ne sera jamais acceptée de lui ; et dans l'au-delà, il sera au rang de ceux qui ont perdu (tout bien spirituel).”
“Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.”
Nulle contrainte, seulement le message
Le Coran interdit d'imposer la foi à qui que ce soit : nulle contrainte en religion. Il demande au Prophète (ﷺ) lui-même s'il va contraindre les gens à croire. Il lui dit qu'il est celui qui exhorte, non celui qui gère leurs affaires. Son devoir est seulement de transmettre le message, avec sagesse et une belle exhortation. Il en va de même pour chaque musulman après lui. Les musulmans ne peuvent donc forcer personne à devenir musulman.
“Nulle contrainte en religion : la Vérité se distingue clairement de l'erreur : quiconque rejette le mal et croit en Allah a saisi l'anse la plus solide, qui ne se brise jamais. Et Allah entend et sait tout.”
“Si ton Seigneur l'avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru ! Vas-tu donc contraindre les hommes, contre leur gré, à croire !”
“Exhorte donc, car tu n'es qu'un exhortateur. Tu n'es pas chargé de gérer leurs affaires.”
“Le devoir du Messager n'est que de proclamer (le message). Mais Allah sait tout ce que vous révélez et ce que vous cachez.”
“Invite (tous) au Chemin de ton Seigneur avec sagesse et une belle exhortation ; et discute avec eux de la manière la meilleure et la plus courtoise : car ton Seigneur connaît le mieux ceux qui se sont égarés de Son Chemin, et ceux qui reçoivent la guidée.”
La protection des gens sous pacte
Le Prophète (ﷺ) a averti que quiconque tue une personne liée aux musulmans par un pacte ne sentira pas le parfum du Paradis. Les hommes non musulmans libres et adultes payaient un impôt annuel, la jizya. En retour, l'État les protégeait et ne les appelait pas à servir dans son armée. Les musulmans payaient la zakat (l'aumône annuelle que les musulmans doivent donner), que les non-musulmans ne payaient pas. Les femmes et les enfants ne payaient rien. Le droit hanafite (l'une des écoles du droit islamique) exemptait aussi les vieillards, les aveugles et les malades sans ressources. Il exemptait aussi les pauvres qui vivaient de l'aumône. Le Coran ajoute que les musulmans peuvent agir avec bonté et justice envers ceux qui ne les combattent pas. Les conditions de la jizya en Coran 9:29, et le sens du mot traduit par soumis, sont exposés sur la page consacrée à ce verset.
Abdullah ibn Amr rapporte que le Prophète (ﷺ) a dit que quiconque tue une personne liée aux musulmans par un pacte ne sentira pas le parfum du Paradis, bien que son parfum se sente à une distance de quarante ans de marche.
Un livre sur l'impôt écrit pour le calife Haroun al-Rachid par le grand juge de Bagdad. Il établit que la jizya est prélevée sur les hommes non musulmans libres et adultes, et non sur les femmes ni les enfants, les vieillards, les aveugles et les malades chroniques sans ressources, ni les pauvres qui vivent de l'aumône.
“Allah ne vous défend pas, envers ceux qui ne vous combattent pas pour (votre) foi et ne vous chassent pas de vos demeures, d'agir envers eux avec bonté et justice : car Allah aime ceux qui sont justes.”
Leur propre loi et leurs propres tribunaux
Le Coran laisse les gens de l'Injil (l'Évangile que Jésus prêchait) juger d'après ce que Dieu (﷾) y a révélé. Le pouvoir islamique ne cherche pas à fondre les chrétiens, les juifs et les autres dans la communauté musulmane. Chaque communauté peut garder ses propres juges et appliquer sa propre loi. Beaucoup de savants anciens tenaient qu'un verset fut la première permission de combattre. Ce verset nomme les monastères, les églises et les synagogues, à côté des mosquées, parmi les lieux que Dieu (﷾) protège.
“Que les gens de l'Évangile jugent d'après ce qu'Allah y a révélé. Ceux qui ne jugent pas d'après (la lumière de) ce qu'Allah a révélé, ceux-là ne valent pas mieux que des rebelles.”
“Permission (de combattre) est donnée à ceux contre qui on fait la guerre, parce qu'ils ont été lésés ; et Allah est certes capable de les secourir ; (ce sont) ceux qui ont été expulsés de leurs demeures contre tout droit, (sans autre raison) que d'avoir dit : « Notre Seigneur est Allah. » Si Allah ne repoussait pas certains hommes par d'autres, les monastères, les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d'Allah est abondamment invoqué auraient certainement été démolis. Allah secourra certainement ceux qui soutiennent Sa (cause) ; car Allah est vraiment Fort, Puissant (capable d'imposer Sa volonté).”
Les juifs de retour à Jérusalem
Sous la domination chrétienne byzantine, les juifs n'avaient pas été autorisés à vivre à Jérusalem. Quand la ville passa sous domination musulmane, des chefs juifs demandèrent au calife Omar de les laisser revenir. Une chronique juive rapporte les négociations. Elle fut trouvée dans la Genizah du Caire, un dépôt de vieux papiers dans une synagogue du Caire. Le patriarche chrétien proposa cinquante foyers, et les juifs en demandèrent deux cents. Omar trancha pour soixante-dix. Soixante-dix familles juives vinrent de Tibériade et s'établirent dans le sud de la ville. Moshe Gil, un historien israélien qui a étudié ces papiers, confirme que c'est Omar qui permit aux juifs de s'établir à Jérusalem.
Une chronique juive, en arabe écrit en caractères hébreux, sur le retour des Juifs à Jérusalem après la conquête musulmane. Elle raconte que des chefs juifs demandèrent à Omar ibn al-Khattab la permission de s'établir dans la ville. Le patriarche chrétien proposa cinquante foyers et les Juifs en demandèrent au moins deux cents. Omar trancha pour soixante-dix, et soixante-dix foyers vinrent de Tibériade et de sa région et s'établirent au sud de la ville, près des eaux de Silwan.
Une histoire de la Palestine sous domination musulmane par un historien israélien de la Genizah du Caire. Gil rapporte que, sous la domination byzantine, les Juifs n'étaient pas autorisés à vivre à Jérusalem, et qu'un fragment de la Genizah confirme que ce fut Omar qui donna aux Juifs la permission de s'y établir, après avoir négocié avec le patriarche en sa présence, de sorte que soixante-dix familles vinrent de Tibériade.
Ce qui s'est passé dans les faits
Sous les Ottomans, le patriarche orthodoxe garda la charge du droit religieux et familial de son peuple pendant des siècles. Il était le chef de l'Église orthodoxe dans l'empire. Mehmed II, le sultan ottoman qui prit Constantinople, l'avait installé. Dans ce système, chaque communauté gérait ses propres mariages, écoles et tribunaux. En 1492, les Rois catholiques expulsèrent les juifs d'Espagne. Beaucoup s'enfuirent dans l'Empire ottoman, où le sultan Bayezid II les accueillit. Leurs descendants vivent encore en Turquie aujourd'hui. Certains parlent encore le ladino, la forme juive de l'espagnol que leurs ancêtres apportèrent avec eux. Le Prophète (ﷺ) a fixé la règle, et les souverains musulmans, à leur meilleur, l'ont gardée.
Une histoire du patriarcat orthodoxe de Constantinople sous la domination ottomane : Mehmed II installa Gennade comme patriarche après la prise de la ville en 1453, et l'Église garda la charge du droit religieux et familial de son propre peuple pendant les siècles ottomans.
Une histoire des juifs sous la domination ottomane et turque. Elle décrit comment le sultan Bayezid II accueillit les juifs expulsés d'Espagne en 1492, comment ils s'établirent à Istanbul, à Salonique et dans d'autres villes ottomanes, et comment leur communauté de langue espagnole se maintint en Turquie jusqu'à l'époque moderne.
Toujours là aujourd'hui
Des communautés juives et chrétiennes vivent encore dans beaucoup de pays musulmans. La constitution de l'Iran nomme les Iraniens zoroastriens, juifs et chrétiens comme des minorités reconnues. Ils sont libres d'accomplir leurs rites et de suivre leurs propres règles en matière familiale et d'enseignement religieux. Elle leur réserve des sièges au parlement : un pour les juifs, un pour les zoroastriens et trois pour les chrétiens. La constitution du Pakistan réserve dix sièges à l'Assemblée nationale, et des sièges au Sénat, aux non-musulmans, parmi lesquels ses chrétiens et ses hindous. En Égypte, l'Église copte orthodoxe vit parmi les musulmans depuis la conquête arabe au VIIe siècle. Elle est toujours la principale Église du pays.
L'article 13 désigne les Iraniens zoroastriens, juifs et chrétiens comme les minorités religieuses reconnues, libres, dans le cadre de la loi, d'accomplir leurs rites et de suivre leurs propres règles en matière de statut personnel et d'éducation religieuse. L'article 64 leur réserve des sièges au parlement : les zoroastriens et les juifs élisent chacun un député, les chrétiens assyriens et chaldéens en élisent un conjointement, et les chrétiens arméniens du nord et ceux du sud en élisent chacun un.
L'article 51 réserve dix sièges à l'Assemblée nationale aux non-musulmans, parmi lesquels les chrétiens et les hindous du Pakistan, avec le pays tout entier pour circonscription. L'article 59 réserve des sièges au Sénat aux non-musulmans, un pour chaque province.
Décrit l'Église copte orthodoxe d'Alexandrie comme la principale Église chrétienne de l'Égypte à majorité musulmane. Elle note qu'après la conquête arabe de l'Égypte au VIIe siècle, les califes, bien qu'ils aient eu tendance à favoriser ceux qui adoptaient l'islam, n'intervinrent guère dans les affaires internes de l'Église.
Un verset lu dans l'autre sens
Dans l'une des paraboles de Jésus, un maître dit à son serviteur de contraindre les gens à entrer. Augustin, un évêque et écrivain chrétien du début du Ve siècle, se servit de ces mots pour justifier qu'on force des dissidents chrétiens à revenir dans l'Église. Ils furent cités pendant des siècles pour défendre la contrainte. Le Coran n'a aucun verset de ce genre. Il interdit la contrainte en toutes lettres.
“Et le maître dit au serviteur : Va dans les chemins et le long des haies, et contrains-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie.”
Augustin défend le recours à la force impériale pour ramener les donatistes dans l'Église catholique, et lit les mots « contrains-les d'entrer » de la parabole de Luc 14 comme une autorisation en ce sens.
“Nulle contrainte en religion : la Vérité se distingue clairement de l'erreur : quiconque rejette le mal et croit en Allah a saisi l'anse la plus solide, qui ne se brise jamais. Et Allah entend et sait tout.”
Verset par verset
Coran 3:85 — Sourate Al Imran (La Famille d'Imran), verset 85
“Quiconque désire une religion autre que l'islam (la soumission à Allah), elle ne sera jamais acceptée de lui ; et dans l'au-delà, il sera au rang de ceux qui ont perdu (tout bien spirituel).”
Cité pour
Les critiques disent que si Dieu n'accepte aucune religion autre que l'islam, les musulmans doivent voir tout autre croyant comme un ennemi à combattre ou à convertir.
La réponse
Le verset parle de ce que Dieu (﷾) accepte dans l'au-delà, non de la manière dont les musulmans traitent les gens maintenant. Le même Coran interdit la contrainte en religion. Il limite le Messager (ﷺ) à transmettre le message. Il permet la bonté et la justice envers tous ceux qui ne combattent pas les musulmans.
Ce qu'il en ressort — La prétention de l'islam à être la seule vraie religion va de pair avec l'interdiction de la conversion forcée et un devoir de justice envers les non-musulmans.
Points de vue
La lecture du critique
L'islam enseigne que Dieu rejette toute autre religion. Il ne peut donc pas, dit le critique, être tolérant envers les autres religions, ni envers les gens qui les suivent.
Le Coran dit qu'aucune religion autre que l'islam ne sera acceptée.
Réfutation
Le verset dit bien que Dieu (﷾) n'accepte aucune religion autre que l'islam. Mais il parle de l'au-delà. La manière dont les gens doivent être traités maintenant est réglée ailleurs. Le Coran interdit de contraindre quiconque en religion (2:256). Il dit que le devoir du Messager (ﷺ) est seulement de transmettre le message (5:99). Et il permet la bonté et la justice envers ceux qui ne combattent pas les musulmans (60:8).
Jaïne : la vérité a de multiples aspects
Les jaïns enseignent l'anekanta, qui veut dire que la vérité a de multiples aspects. Aucune personne ordinaire ne peut voir une chose sous tous ses aspects. Beaucoup de jaïns disent que cela rend leur foi plus ouverte d'esprit que les religions qui prétendent détenir la seule vérité.
La réalité a de multiples aspects qu'aucune personne ordinaire ne peut voir entièrement ; aucune religion ne devrait donc prétendre détenir toute la vérité.
Réfutation
Jaini explique que les jaïns eux-mêmes se servent de l'anekanta pour juger les autres systèmes. Ils disent que les enseignements des autres écoles sont faux parce qu'ils ne voient qu'un seul aspect. Le jaïnisme aussi tient donc qu'il voit plus juste que les autres. L'islam fait ouvertement le même genre d'affirmation, et la joint à la tolérance. Il n'y a nulle contrainte en religion, et la bonté et la justice sont dues à tous ceux qui ne combattent pas les musulmans.
Juive : nous ne cherchons pas de convertis
Le judaïsme ne cherche pas de convertis. Maïmonide statue que les pieux des nations qui gardent les sept lois de Noé ont part au Monde à venir. Beaucoup de juifs l'opposent à l'islam, qui appelle chacun à l'accepter.
Le judaïsme donne aux pieux des nations une part au Monde à venir sans leur demander de se convertir. L'islam dit que seul l'islam est accepté.
Réfutation
Maïmonide ajoute que le non-Juif doit garder ces lois parce que Dieu (﷾) les a commandées par Moïse. Le judaïsme aussi tient donc qu'une seule loi révélée est vraie. Tenir sa foi pour vraie n'est pas de l'intolérance. L'islam interdit de contraindre quiconque en religion. Il permet aux musulmans de manger la nourriture des juifs et d'épouser des femmes juives. Et il ordonne la bonté et la justice envers tous ceux qui ne combattent pas les musulmans.
Le point de vue islamique
L'islam tient qu'il est seul vrai, et il rejette les fausses croyances. Mais le Coran et le Prophète (ﷺ) interdisent d'imposer la foi à qui que ce soit. Ils protègent les non-musulmans qui vivent sous domination musulmane. Leurs communautés gardent leur propre culte, leur propre loi et leurs propres tribunaux.
Le Coran interdit la contrainte en religion et dit au Prophète (ﷺ) qu'il ne peut pas contraindre les gens à croire.
Le Coran dit que le devoir du Messager (ﷺ) est seulement de transmettre le message. Il n'est pas là pour gérer les gens.
Le Prophète (ﷺ) a averti que quiconque tue un non-musulman sous pacte ne sentira pas le parfum du Paradis.
Le Coran laisse les gens de l'Injil juger d'après leur propre Écriture.
La jizya était un impôt annuel payé en échange de la protection. Seuls les hommes non musulmans libres et adultes la payaient. Les femmes et les enfants ne payaient rien.
Sous les Ottomans, l'Église orthodoxe garda la charge du droit religieux et familial de son propre peuple. Les juifs expulsés d'Espagne en 1492 furent accueillis.
L'islam rejette les idées fausses, mais il ordonne la tolérance et la justice envers les gens qui les ont.